Entre ici, Jean les murs!
Bon, un an sans publication sur le blog, en voilà une honte! Afin d'y remédier, voici une petite critique d'"Entre les murs":
La bande annonce, loin de m?avoir donné l?envie de voir « Entre les murs », m?avait refroidi plus que de raison. Par chance, la première fois que je l?avais vu, le mois de Mai battait son plein et le soleil tapait fort ; du coup, j?avais évité l?hypothermie.
Hier soir, pour faire plaisir à madame, et puisque la soirée allait la mener tout droit vers sa vingt cinquième année(pour les mauvais en mathématique, entrer dans sa vingt cinquième année signifie que l?on vient d?avoir vingt quatre ans), je pris frauduleusement dans mon propre magasin le DVD d? « Entre les murs ». Je dis frauduleusement car au cas où vous l?ignoreriez, prendre un DVD dans un vidéoclub dont on est le gérant sans le payer s?appelle de l?abus de bien social. Etonnant, mais véridique, et somme toute logique.
Je m?apprêtais à passer une mauvaise soirée, de bon c?ur.
Le premier plan nous montre François « Marin » Bégaudeau, prof de çaifran de son état, se rendant à son collège, malette à la main, et roulant du postérieur comme une (vache) Charolaise enceinte. C?est jour de rentrée à l?établissement « Françoise Dolto », et les professeurs font leur présentation. Un rapide plan séquence nous présente quelques personnages clés et se termine par le speech succint de François. J?aime bien Bégaudeau en règle générale, et notamment ses interventions dans l?émission de cinéma « le Cercle », interventions pas forcément pertinentes mais toujours drôles. Il est aussi passionné de foot et écrit à l?occasion dans le deuxième(en termes de qualité) magazine pour footeux intellos : So foot.
Les premiers moments du films sont loin d?être irritants et lui ne cabotine pas, contrairement à l?impression qui transpirait de la bande-annonce. Au contraire, à l?instar de Kechiche, réalisateur de « la graine et l?hybride âne-cheval », Laurent Cantet parvient à donner un aperçu de réalité, ce qui fait systématiquement défaut au cinéma social français. Vous ne verrez, ou plutôt n?entendrez pas ici, de ce français académique que l?on peut trouver dans les films de Rohmer. Ouf ! Et cela tombe bien, car la langue et le rapport des jeunes de milieux défavorisés avec la langue française, c?était un des thèmes principaux du bouquin dont est tiré « Entre les murs ». Je vous rassure, je ne l?ai pas lu, et ne le lirai probablement pas, mais on me l?a dit. Mes sources ? « Langue bien pendue », la petite fille de « Gorge profonde »(celle du porno, pas du Watergate).
Bref, si le rapport de ces jeunes avec la langue -pas celle qui est bien pendue, mais la française- et son évolution n?est pas aussi présent dans le film, il en reste malgré tout l?un des fils conducteurs. On suivra également, dans le désordre, une lutte idéologique quand aux moyens de faire régner la discipline entre deux professeurs(François et le prof d?Histoire), les tribulations d?un trublion professionnel du nom de Souleymane, et le pétage de plomb du prof de techno. Cette scène, aux intentions louables(montrer que les profs souffrent aussi) est la moins bonne du film, peut-être la seule mauvaise, notamment parce que l?acteur la surjoue un peu trop à mon goût. Sinon, c?est du tout bon, et Laurent Cantet évite pas mal de clichés en prenant le parti de ne pas en prendre, que ce soit du côté des élèves ou d?un quelconque professeur.
Pas d?angélisme, pas de démonisation pour peu que le mot existe, pas de solutions aux problèmes mais un regard sur les différentes réponses proposées par les professeurs, « Entre les murs dresse » un état des lieux réaliste de l?éducation nationale dans certains collèges aujourd?hui.
On pourra me reprocher d?utiliser des phrases clichés de ce type issues des meilleurs numéros de Télé7Jours, mais je n?en ai cure ni remède, car dans le cas d? « Entre les murs », il s?avère que le nez de ce cliché ne s?allonge guère.
A voir, et être.
La bande annonce, loin de m?avoir donné l?envie de voir « Entre les murs », m?avait refroidi plus que de raison. Par chance, la première fois que je l?avais vu, le mois de Mai battait son plein et le soleil tapait fort ; du coup, j?avais évité l?hypothermie.
Hier soir, pour faire plaisir à madame, et puisque la soirée allait la mener tout droit vers sa vingt cinquième année(pour les mauvais en mathématique, entrer dans sa vingt cinquième année signifie que l?on vient d?avoir vingt quatre ans), je pris frauduleusement dans mon propre magasin le DVD d? « Entre les murs ». Je dis frauduleusement car au cas où vous l?ignoreriez, prendre un DVD dans un vidéoclub dont on est le gérant sans le payer s?appelle de l?abus de bien social. Etonnant, mais véridique, et somme toute logique.
Je m?apprêtais à passer une mauvaise soirée, de bon c?ur.
Le premier plan nous montre François « Marin » Bégaudeau, prof de çaifran de son état, se rendant à son collège, malette à la main, et roulant du postérieur comme une (vache) Charolaise enceinte. C?est jour de rentrée à l?établissement « Françoise Dolto », et les professeurs font leur présentation. Un rapide plan séquence nous présente quelques personnages clés et se termine par le speech succint de François. J?aime bien Bégaudeau en règle générale, et notamment ses interventions dans l?émission de cinéma « le Cercle », interventions pas forcément pertinentes mais toujours drôles. Il est aussi passionné de foot et écrit à l?occasion dans le deuxième(en termes de qualité) magazine pour footeux intellos : So foot.
Les premiers moments du films sont loin d?être irritants et lui ne cabotine pas, contrairement à l?impression qui transpirait de la bande-annonce. Au contraire, à l?instar de Kechiche, réalisateur de « la graine et l?hybride âne-cheval », Laurent Cantet parvient à donner un aperçu de réalité, ce qui fait systématiquement défaut au cinéma social français. Vous ne verrez, ou plutôt n?entendrez pas ici, de ce français académique que l?on peut trouver dans les films de Rohmer. Ouf ! Et cela tombe bien, car la langue et le rapport des jeunes de milieux défavorisés avec la langue française, c?était un des thèmes principaux du bouquin dont est tiré « Entre les murs ». Je vous rassure, je ne l?ai pas lu, et ne le lirai probablement pas, mais on me l?a dit. Mes sources ? « Langue bien pendue », la petite fille de « Gorge profonde »(celle du porno, pas du Watergate).
Bref, si le rapport de ces jeunes avec la langue -pas celle qui est bien pendue, mais la française- et son évolution n?est pas aussi présent dans le film, il en reste malgré tout l?un des fils conducteurs. On suivra également, dans le désordre, une lutte idéologique quand aux moyens de faire régner la discipline entre deux professeurs(François et le prof d?Histoire), les tribulations d?un trublion professionnel du nom de Souleymane, et le pétage de plomb du prof de techno. Cette scène, aux intentions louables(montrer que les profs souffrent aussi) est la moins bonne du film, peut-être la seule mauvaise, notamment parce que l?acteur la surjoue un peu trop à mon goût. Sinon, c?est du tout bon, et Laurent Cantet évite pas mal de clichés en prenant le parti de ne pas en prendre, que ce soit du côté des élèves ou d?un quelconque professeur.
Pas d?angélisme, pas de démonisation pour peu que le mot existe, pas de solutions aux problèmes mais un regard sur les différentes réponses proposées par les professeurs, « Entre les murs dresse » un état des lieux réaliste de l?éducation nationale dans certains collèges aujourd?hui.
On pourra me reprocher d?utiliser des phrases clichés de ce type issues des meilleurs numéros de Télé7Jours, mais je n?en ai cure ni remède, car dans le cas d? « Entre les murs », il s?avère que le nez de ce cliché ne s?allonge guère.
A voir, et être.
