lundi, août 13, 2007

Chronique d'un mois d'Août dans la peau d'un videoclubber

Satané mois d'Août! Si j'étais croyant, je pense que je ferais un courrier à mon Dieu pour qu'il le supprime. Et si le magasin continue à se désertifier comme il le fait en ces beaux(entendez "sombres" pour nous) jours de l'Auguste huitième mois, je vais devenir croyant.
Par un habile stratagème pensé lors de l'été dernier, nous n'ouvrons du premier au quinze qu'à quatorze heures.

Quatorze heures:Lorsque vous logez comme moi à Porte de St Ouen suite à l'écroulement du plafond de votre appartement du 5e, cet horaire est particulièrement inconfortable.
Réveil à neuf heures, petit déjeuner à dix heures car je me suis rendormi, et départ à treize heures pour être en avance.*****Ne cherchez pas le verbe dans la phrase précédente, il n'y en a pas, et ce n'en est donc pas une****
Malheureusement, l'heure tardive du petit déjeuner coupe un appétit propice au repas de Midi. Je me vois donc obligé de manger un sandwich au Vidéoclub entre treize heures trente et quatorze heures(raison de mon arrivée en avance).
Manger tranquillement n'est qu'une utopie à laquelle vous ne pourriez croire que si vous ne connaissiez pas nos clients, ces derniers peinant à déchiffrer l'étrange dialecte sur la porte qui indique la modification de nos horaires.
Il est vrai que nous avions fait l'erreur d'écrire le mot en français...
Impossible de manger tranquille ici! Peu importe, j'entends maintenant sonner les quatorze coups de quatorze heures, qui marquent l'ouverture officielle du magasin.
Levée du store mécanique à la main car il fonctionne mal l'été, sortie des bacs à DVD et comptabilité journalière m'amènent tranquillement vers quatorze heures trente et son long calvaire.

L'enfer doit ressembler à quelque chose comme cela. L'ennui, d'une profondeur insondable, puis l'espoir quand quelqu'un franchit le pas de la porte, suivi de la déception lorsqu'il vous demande dans un anglais hésitant où se trouve le "Bantillon"(entendre "Panthéon). Et l'ennui.
Dans ces moments là, des idées saugrenues affluent vers votre esprit affaibli:
Et si tous nos clients avaient été kidnappé par des E.T. en villégiature à Paris. Ou pire, par la CIA.
Est-ce que je ne serais pas pris au creux d'un vortex spatio-temporel qui fige le temps indéfiniment?
Pourquoi des touaregs marchent-ils en file indienne devant le magasin, suivis de leurs chameaux?
Pourquoi n'ai je eu que deux clients depuis trois heures,et encore, ils sont venus avant l'ouverture pour m'empêcher de manger?
Et finalement, la question qui peut pousser au suicide: Pourquoi est-ce que je n'arrête pas de me plaindre comme le font tous les commerçants?
Ciel! Je suis devenu un vrai commerçant!Ouf, non! Un exemplaire de "Marianne" traîne devant moi sur le comptoir. Sauvé! Pour cette fois...